Cannabis : le tour de vis de Sarkozy
Devant la commission d’enquête du Sénat, le Ministrede l’intérieur a durci le ton face au cannabis,dénonçant une “épidémie de consommationchez les jeunes“. Fustigeant la complaisance des discourspassés, le ministre a prôné unetolérance zéro : “Certaines substances sontillicites. Il n’y a pas de drogue douce ou de drogue dure. Il n’y apas de petite consommation personnelle. Il n’y a pasd’expérience individuelle. Il n’y a pas des jeunes “libreset branchés“. Il n’y a que des drogues interdites et desusagers qui transgressent la loi. Et il y a des drogues interditesparce que – quoi qu’on ait pu en dire parfois – toutes les droguessont nocives“. A contrario, le Ministre s’interroge sur lanécessité de conserver la lutte contre le tabagismedans le champ d’activité de la MissionInterministériel de Lutte contre les Drogues et Toxicomaniesdans la mesure où, “si le tabac est nocif pour lasanté, il ne génère pas de délinquanceen lui-même“.
Après avoir rappelé les chiffres français(près d’un jeune sur deux a déjà fumédu cannabis en France et un sur quatre en fumerégulièrement), le Ministre a présentéson “remède“. Alors que la loi de 1970 prévoit dessanctions très dures et donc inapplicables (avec notammentdes peines de prison pour les simples consommateurs), le Ministrepréconise une palette de sanctions allant de la confiscationdu scooter, l’obligation d’accomplir un travaild’intérêt général ou le recul del’âge pour passer le permis de conduire.
Ces déclarations ont suscité de vivesréactions de la part de l’opposition et du milieuassociatif. Le choix de la répression ne va-t-il passusciter une véritable “chasse aux jeunes“ ? Certainesassociations parlent de “régression totale“, craignant un“démantèlement de la MILDT“.
Ces déclaration fracassantes ont même réussià susciter un léger couac au sein du gouvernement. Leministre de la justice Dominique Perben a ainsiprécisé sur France-Info que la possiblerévision de la loi de 1970 restait dans son champd’activité : “Ce que je veux simplement indiquer pour ce quime concerne, Ministre de la justice qui suis en charge de cesquestions, c’est que pour l’instant il n’a pas étédécidé de modifier la loi de 1970. Si celam’apparaît nécessaire, j’en ferai la proposition augouvernement“. Affaire à suivre.
Source : Audition de la commission d’enquêtesénatoriale
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